Zoé STARK

Photo Ulrike Klett

Travail réalisé à quatre mains avec Zoé Besmond de Seneville, poète, comédienne et modèle vivant, au sein de l'association arAcanthe

L'idée est de dérouler le fil afin de créer un même travail au coeur d'une inspiration partagée à quatre mains. Les couleurs naissent au fil des textes choisis dans un large recueil (textes écrits par Zoé Besmond et Zoé Stark avec des textes de Rilke, van den Berg,... ). Puis, suivant le fil, les lettres et les mots naissent des couleurs.

Il a été présenté lors d'une performance durant les portes ouvertes des ateliers de Menilmontant en octobre 2016 et sera présenté lors des Trans'arts Nicolet en mai 2018.





La poésie est toute celle du quotidien
la peinture aussi en fait
de nos coeurs pollués crasseux trop pensifs
de nos esprits machinétiques
influencés par les écrans les machines
l’amour, cela se passe de machine
cela doit se passer de machine
la perfectibilité la perfection le grand salaud en soi
la grande illusion de soi même
l’autre
Rêvé-rêveur-projeté-illuminé-inhumé-caressé-oublié-retrouvé
le caractère sensible de la terre qui nous enseveli
l’histoire, la grande histoire
les territoires inconnus
nous même avant
le grand avant
le grand futur
le maintenant
le ici et maintenant

Sur le fil du 21 avril 2018


Les hommes poétiques et vulnérables
la poésie poétique et vulnérable
la mer turquoise et transparente et belle
comme en Grèce
un baiser sur mes lèvres
les nuits d’été
l’odeur du musc et de l’ambre et de la fleur d’oranger
la sensation absolue, d’absolue liberté

d’où qu’elle vienne
les trésors enfouis au sens propre ou au sens figuré
Mes rêves, mes rêves, mes rêves.

Il y a encore quelques feuilles
dans ce bloc-note
j’ai perdu
j’ai perdu mon écriture fantomatique
c’est une autre
une autre empreinte maintenant pour moi
ancrée
tout s’ancre
je change bientôt
je ne me reconnais plus
je change et bientôt je ne me reconnais plus
violon qui pleure et supplie

Je ne tomberai pas
parce que que je n’en n’ai pas envie

Il faut comprendre
l’essence, le jeu
ouvrir ses yeux
ne plus
remettre ses mâchoires son nez et ses mains et ses pieds et ses seins aussi au travail
les choses sont vraiment belles lorsqu’on croit qu’on n’est plus rien
lorsqu’on tente le tout pour le tout
vraiment
vraiment vraiment vraiment
sur le fil

je me connais mal
j’empoigne mon bloc-note, mon stylo, mon pinceau
j’empoigne mes crayons de couleur
j’empoigne
j’empoigne tout

Je pars au combat, à la découverte de moi-même
c’est la bataille
la bataille des Buttes Chaumont

le violon se tait

En fait la bataille des Buttes Chaumont c’est, c’était il y a quelques années
Avenue Simon Bolivar,  à coté des Buttes Chaumont
c’est comme si c’étais... j’avais construit une tranchée mais dans ma tête
comme si je partais au combat



Tu es où?
Tu es ou
Je suis ici et je t’attends
tu arrives?
Je t’attends
Je t’attends
sons de cloches
je ne bouge pas
Viens je suis la
Viens
tu es la?

Alors
finalement non
je suis desolée
pardon excusez moi
j’ai pas fait exprès
j’ai voulu et puis après je n’ai plus su
plus savoir, quoi?

j’ai voulu et puis
j’ai voulu mais dans deux sens en même temps
croire en une rencontre
en la magie
en fait c’était une coïncidence
nos coïncidences se sont rencontrées
ce hasard
ce hasard d’homme
on n’avait dit plus jamais je comprends pas ça s’oublie pas pourtant
Je viens ici et je t’attends dans cette pièce depuis de longues minutes
longues et aiguisées, saignantes.
ici c'est vide
il y a l'attente qui se matérialise parce que ma présence ici créé beaucoup d’espace autour.
On voit la fille qui peint sur la toile
ses doigts dans la peinture
le flop flop flop de l’eau et les feuilles qui font swip, quand elles se mettent sur le sol
il y a plein de peinture partout
autant que des lettres de l’alphabet
Même peut être plus de couleurs en fait
Les lettres et la peinture sont bien uniformes
l’écriture et la peinture y sont brisées
et l’essence
et l’essence elle est où, l’essence
la qualité finale
la forme de la lettre, par exemple
le son et l’odeur de l’encre ou de la peinture
Le mouvement du poignet
et le fil qui coule qui poursuit le chemin d’un autre fil, du corps
de ce qu’il a de plus lointain
la provenance de nos histoires

Ici
Rester ici
ici la
Inventer
une présence différente,
pour une raison précise.
Je regarde.

Créé avec Artmajeur